T.P.E. Sparte
  II- L'éducation Spartiate: une éducation militaire
 

II- L’éducation Spartiate: une éducation militaire !

 

     A) Naissance et enfance (de la naissance à douze ans).

Afin de protéger la cité contre les invasions étrangères et les révoltes hilotes Lycurgue institua un système éducatif original basé sur la formation de soldats capables de sacrifier leurs vies pour défendre la cité Lacédémonienne. C’est ainsi qu’il décida que les nouveaux-nés n’étaient plus la propriété de leurs parents mais celle de l’Etat.

Lorsqu’un enfant naît à Sparte il est emmené dans un lieu appelé leschè où l’attendent les anciens de sa tribu. Il est alors examiné, s’il est chétif, mal formé ou malade il est jeté dans le gouffre des Apothètes (gouffre se trouvant au pied du Mont Taygète). En effet les anciens considéraient qu’il valait mieux pour lui-même et pour l’Etat de ne pas le laisser vivre. C’est là la dure loi de Sparte: « malheur aux faibles car le royaume d’Hadès leur est ouvert ».

Au contraire s’il est bien portant et robuste, les anciens le remettent aux mains de sa famille et lui assignent un des 9000 lots de terre. Le jour de sa naissance il est trempé dans du vin afin de lui donner symboliquement la force nécessaire à tout bon militaire. Commence alors pour lui une vie dictée par l’Etat dont le but est d’en faire un soldat.

De zéro à sept ans, l’enfant est laissé au sein de sa famille où il reçoit déjà une éducation visant à l’endurcir. Il est confié dès son plus jeune âge à des nourrices, réputées dans toute la Grèce pour leur méthode d'éducation. En effet comme nous le dit Plutarque, au lieu d’emmailloter les bébés dont elles avaient la charge, elles laissaient entièrement libre leurs membres et tout leur corps; elles les habituaient à n’être point difficiles ni délicat sur la nourriture, à ne pas s’effrayer des ténèbres, à ne pas craindre la solitude, à s’abstenir des caprices vulgaires, des larmes et des cris.

Quand l’enfant atteint sept ans, c’est la cité qui prend en charge son éducation afin de lui apprendre l’obéissance, l’endurance et, accessoirement, à lire et à écrire. C’est le début de l’agôgè, éducation qui durera jusqu’à ses vingt ans. Tous les enfants du même âge sont alors répartis en bandes (agélaï) dont le chef est désigné parmi les plus bagarreurs. Désormais il devra passer sa journée avec ses compagnons, vivant et prenant ses repas avec eux, il est habitué à jouer et à travailler avec les enfants de son âge; ne rentrant chez lui que le soir après une journée harassante. En effet, leur entraînement consistait en des exercices visant à dominer la faim, la soif, le froid, la chaleur et la fatigue et pour corser le tout les adultes qui assistaient aux séances provoquaient des bagarres entre différentes bandes afin de repérer les éléments les plus combatifs.

Cependant cela est peu de chose comparé à ce qui l’attend…

     B) Adolescence (de douze à vingt ans).

A l’âge de douze ans une nouvelle étape de son éducation commence, désormais il vit à la caserne, plus question de rentrer chez lui le soir. Il dort dans un dortoir sur des paillasses de roseaux, il ne porte plus de tunique et reçoit un manteau pour toute l’année. On lui rase la tête, on l’habitue à marcher sans chaussure, et à s’entraîner nu. Son entraînement étant basé sur des exercices physique, il sue en abondance mais n’a pas le droit de se laver, car dit-on l’eau adoucit la peau et la rend moins résistante et plus sensible. La discipline lui est enseignée,  il est fouetté pour la moindre faute. S’occupe de lui un irène, âgé de vingt ans.  Il ne reçoit qu’une très faible ration de nourriture; en effet afin de développer sa hardiesse et sa ruse, ses aînés l’encouragent à voler la nourriture manquante, et s’il se fait prendre il est cruellement châtié. Mais pas question d’avouer un vol même si l’enfant est pris la main dans le sac. On citera, d’ailleurs, l’histoire de l’enfant spartiate qui, ayant volé un renardeau et le tenant caché sous son manteau, plutôt que d’être découvert, laissa la bête lui déchirer le ventre et soutint la douleur jusqu’à en mourir.

L’éducation spartiate encourage constamment la compétition et ses bienfaits, les enfants sont sans cesse confrontés les uns aux autres.

A cet âge là le jeune spartiate commence une relation avec un adulte (en général de moins de 40 ans), c’est la pédérastie, l’homme mûr apporte son expérience au jeune et se voit offrir en retour affection et obéissance.

Enfin, à seize ans, c’est le passage de l’enfance à l’adolescence. Le jeune appelé désormais irène entame son éphébie. Celle-ci débutant par l’épreuve de l’autel d’Artémis Orthia, lors de laquelle deux groupes concurrents d’éphèbes doivent dérober des fromages situés au centre de l’autel. Mais sur ce même autel se trouvent des porteurs de fouet qui ont pour consigne de flageller les concurrents. Les morts et les blessés graves sont nombreux lors de cette épreuve.

Une fois ce rituel achevé, commence pour les survivants l’entraînement au combat hoplitique. Pendant quatre années durant ils ne cesseront de se rendre au gymnase où ils pratiquent des exercices de maniement de la lance, de l’épée et du bouclier, ainsi qu’un entraînement à la coordination et aux mouvements d’ensemble. En dehors de ces exercices de préparation militaires, ils reçoivent une éducation musicale, qui d’ailleurs n’était pas sans rapport avec la guerre puisque les chants rythmaient les mouvements de l’armée spartiate.

L’éphébie s’achève par l’épreuve de la cryptie ou « cachette ». Epreuve durant laquelle le spartiate désormais âgé de vingt ans doit se retirer et rester caché. Il part sans provision, encore une fois il doit voler pour survivre. Il pratique de nuit la chasse aux hilotes, devant en  tuer au moins un. Ceux qui sont pris sont punis, ils ont échoués à l’épreuve de la cryptie, ils peuvent maintenant s’occuper des plus jeunes. Pour les rares qui réussissent c’est la consécration ils formeront des troupes spéciales chargées de missions ponctuelles comme l’élimination d’esclaves ou le renseignement en période de conflit.

Le jeune spartiate est incorporé dans l’armée à vingt ans, mais jusqu’à trente ans, il continue sa formation militaire, habitant (même marié) avec ses camarades et prenant ses repas avec ceux de son groupe.

 

    C) L’éducation des filles Spartiates.

Les femmes de Sparte, elles aussi étaient soumises à un entraînement physique intensif. En effet, Lycurgue considérait que le meilleur moyen de mettre au monde des enfants robustes était que leurs mères soient assez fortes pour supporter les douleurs dues à la grossesse et à l’accouchement. C’est ainsi que les jeunes filles étaient exercées à la gymnastique, à la course, à la lutte et au lancement du disque et du javelot. Chez elles aussi, le sentiment de compétition était exalté lors d’épreuves de course et de force. Leur éducation se distingue de celle des garçons par la part beaucoup plus importante consacrée aux lettres et à la musique. Ces dernières leur étant enseignées par des poètes professionnels, qui leur apprenaient entre autre les valeurs civiques et les préparaient à participer à la vie religieuse de la cité. Car étant dépourvues de droits politiques, leur principal rôle au sein de la société lacédémonienne était de chanter et de danser lors de processions religieuses.

De plus elles participaient à des épreuves publiques, où les garçons assistaient aux jeux des filles, et les filles aux jeux des garçons. Ces mœurs scandalisaient beaucoup les autres grecs car lors de ces compétitions les jeunes filles étaient très peu vêtues. En effet leur tunique, sans manche, s’arrêtait au-dessus du genou. Il arrivait même parfois lors de procession que les jeunes filles paradent nues, mais cette nudité n’avait rien de malhonnête car la pudeur l’accompagnait. C’était un moyen de les habituer à la simplicité de corps et d’esprit.

Il semble que, comme pour les garçons, l’homosexualité ait joué un rôle dans leur éducation, et même si les grecs n’aimaient guère parler de cela, ces relations entre femmes visaient à les libérer des relations strictement familiales.

Le but étant toujours de faire naître des enfants robustes ; elles se mariaient à un homme le plus souvent de moins de 30 ans car les célibataires au dessus de cet âge subissaient des brimades et se faisaient punir par la Cité de façon humiliante. Celle-ci réservait pour tous les célibataires, comme punition, le tour de la place publique nu et en plein hiver. Les femmes n’étaient donc à Sparte qu’un chaînon de la production de guerriers.

 

 

 

Cette formation militaire à pour but de garnir l’armée spartiate de soldats surentraînés qui constituaient à l’époque la seule armée professionnelle de toute la Grèce. Nous allons maintenant analyser le fonctionnement de cette armée et étudier l’une de ses plus glorieuses batailles: La Bataille des Thermopyles.       

III-             Fonctionnement de l’armée.

 
   
 
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