T.P.E. Sparte
  III- L'armée Spartiate
 

III- L’armée Spartiate

                                                   

A) Fonctionnement de l’armée Spartiate.

L’hoplite est l’unité d’infanterie lourde la plus utilisée par les grecs. L’hoplite est un soldat qui porte pour équipement de défense une cuirasse de bronze, des jambières « cnémides », un casque « cranus », et un bouclier « hoplon ». Ce dernier est fait en bronze ou d’un assemblage de bois, d’osier et de peaux de bœufs. Il est circulaire et a un diamètre compris entre 80 et 90 cm. Il se porte sur l’avant-bras gauche. Sur sa face extérieure sont dessinées des Gorgones, qui doivent protéger le soldat du mauvais sort.

L’hoplite dispose d’armes offensives, qui sont une lance d’environs 2,5 mètres pourvue d’une pointe et d’un talon en fer ou en bronze, et une épée courte servant lors des combats rapprochés. Cette épée est portée suspendue à l’épaule gauche par un baudrier.

L’hoplite spartiate ne se distingue des autres hoplites grecs que par le fait qu’il porte des cheveux longs (qu’il ne nettoie et ne peigne qu’avant la bataille) et une tunique rouge censée masquer la couleur du sang. Il est aussi pénétré de valeurs morales (respect de la discipline, sens de l’honneur, esprit de sacrifice, dévouement absolu à la cité) acquis grâce à son éducation stricte, ce qui lui confère un net avantage sur les autres soldats grecs.

Ce respect de la discipline est d’autant plus important chez l’hoplite spartiate que s’il fuit le combat il est déchu de sa citoyenneté.

La formation du combat hoplitique est la phalange. La phalange est composée en général de 8 à 12 rangs d'hoplites, en formation serrée avançant en rangées compactes au pas de charge. Chaque soldat protégeant son voisin de gauche de la cuisse au cou. Ainsi les soldats situés à l’extrémité du flanc droit ne sont protégés qu’à moitié (n’ayant pas de voisin de droite). C’est pour cela que les meilleurs soldats sont placés sur l’aile droite.

L’armée spartiate principalement composée d’hoplites, est dirigée à tour de rôle par un des deux rois, surveillé par les éphores.

L’armée de citoyens suivant sont nombre est divisée en « armées ». Chaque « armée » est divisée en cinq régiments commandés par un polémarque (général). Chaque régiment se subdivise en quatre loches de cent hommes. Chaque loche est commandée par un lochage (chef de bataillon) et est à son tour divisée en deux pentécontarques qui ont à leur tête un pentécontarque (commandant de compagnie). Ces derniers sont eux-mêmes divisés en deux énomotarques de vingt-cinq hommes, dirigés par un énomotarque (chef de section).

 

    
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A Sparte, comme dans toutes les cités grecques, avant toute campagne militaire, les chefs de guerre consultaient les dieux principalement par l’intermédiaire de l’oracle de Delphes. Les hostilités ne commençaient qu’après qu’un héraut soit allé prononcer solennellement la déclaration de guerre à l’ennemi. Puis, on consultait de nouveau les dieux. L’armée ne se mettait jamais en campagne les jours néfastes. Le roi offrait un sacrifice préalablement à l’ordre de marche et des devins accompagnaient les troupes en campagne. Les soldats en campagne n’emportaient des vivres que pour quelques jours car l’armée vivait sur le pays adverse. Durant la guerre, le territoire ennemi était ravagé : les soldats saccageaient les moissons, coupaient les arbres, rasaient les maisons. Lors du combat les grecs plaçaient les troupes légères et la cavalerie sur les flancs pour éviter toute tentative de débordement ennemis. Il faut distinguer deux types de batailles, celles entre grecs et celles contre les peuples barbares. Dans le premier cas,  les protagonistes s’affrontent loyalement dans un champ clos, les deux armées avancent l’une vers l’autre. Le choc est frontal. Sauf rupture du front, la décision de l’issue du combat a lieu quand l’aile droite de l’une ou l’autre armée l’emporte. Faute de troupes de réserve, la dislocation du front des hoplites entraîne le désordre voire la panique. Globalement, une bataille ne dure pas plus d’une demi-journée: l’armée vaincue reconnaît rapidement sa défaite et une brève chasse aux fuyards s’engage. Les pertes au combat sont relativement importantes : elles sont estimées à 14% du côté des vaincus et à 5% du côté des vainqueurs. Les pertes étaient d’autant plus élevées chez les Spartiates qu’ils préféraient se faire tuer plutôt que d’abandonner. Dans l’autre cas, les batailles sont différentes selon l’ennemi, qui en général se heurte à un mur compact et indéplaçable de boucliers et de lances.

B) La Bataille des Thermopyles.
En 480 av. J.-C., après cinq ans de préparatifs, l’armée perse menée par Xerxès, (roi de  l'empire achéménide) envahit la Grèce. D’après Hérodote c’est une armée de deux millions d’hommes qui déferle sur le territoire hellène; et même si ce chiffre est exagéré, les historiens s’entendent à dire que l’armée perse était composée de près de 130 000 fantassins, 20 000 cavaliers et 1 200 trirèmes (chaque trirème comptant à son bord 200 marins et 30 soldats perses; ce qui fait au total 240 000 marins et 36 000 soldats). Face à cette invasion barbare les cités grecques s’unissent, malgré leur rivalité, afin de défendre leur identité et leur culture. Les Grecs s’organisèrent donc en coalition dirigée par Sparte, qui voulait organiser une défense autour du Péloponnèse en défendant l’Isthme de Corinthe. Cependant la plaine de l’Attique aurait été  directement menacée; et face au refus des Athéniens qui menaçaient de retirer leur flotte (la plus importante de Grèce), ils durent renoncer à leur entreprise.

Ainsi fut prise la décision de défendre les positions grecques à l'entrée du défilé des Thermopyles qui commande l'accès de l'Attique, le long de la mer Egée.

Ici le nombre des perses ne serait plus un avantage. Beaucoup de cités grecs participèrent à cette bataille, et quelques 7000 hoplites dont 400 Thébains et 700 Thespiens vinrent suppléer les 300 Spartiates déjà présents et commandés par le roi Léonidas Ier de Sparte.

Xerxès attendit quatre jours, pensant que les Grecs prendraient peur et s’enfuiraient. A l’aube du cinquième jour le dieu-roi envoya quelques milliers de fantassins légers (principalement des Mèdes) avec l’ordre de prendre les grecs vivants et de les lui amener.

Cependant lorsque les Mèdes attaquèrent beaucoup d’entre eux tombèrent. Une fois déclenchée, la ruée des Barbares se prolongea sans interruption; les vides causés dans les premiers rangs des assaillants étant comblés aussitôt par ceux qui venaient derrière. Devant ces innombrables pertes, les Mèdes se retirèrent; et à leur places Xerxès envoya au combat l’élite de son armée: les Immortels, pensant que pour eux la victoire serait facile.

Mais quand à leur tour, ils affrontèrent les Grecs, ils n’eurent pas plus de succès que les troupes Mèdes; combattant avec des piques plus courtes que celles de leur ennemi ils ne purent tirer aucun avantage de leur nombre.

Le second jour, Xerxès, contant sur l’état de fatigue avancé des grecs, entreprit de nouvelles offensives. Mais une fois encore il vit son armée contrainte de se replier. En effet, les grecs groupés par cités soutenaient le combat à tour de rôle afin d’éviter que les premières lignes ne se fatigues trop.

La victoire était donc toute acquise aux grecs jusqu’à ce qu’un traite Ephialtès, avide de richesse, indiquât aux Perses le moyen de contourner l’armée grecs et de les encerclés. Il leur révéla donc la présence d’un sentier menant aux Thermopyles à travers la montagne. Xerxès envoya un contingent de son armée pour inspecter le sentier. Les grecs, prévenant, avaient placés là 1000 phocéens (qui protégeaient leur propre pays); et à leur vu les Perses menés par Ephialtès s’enfuirent. Les phocéens s’empressèrent de prévenir Léonidas que l’armée Perse avait découvert l’existence du sentier. A cette annonce, la plupart des Grecs abandonnèrent la bataille, et seuls les 300 hoplites Spartiates, ainsi que 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies, décidèrent de combattre jusqu'au sacrifice, malgré une infériorité numérique prononcée, afin de laisser à leur camarades le temps d'organiser leur défense.

Le courage et le sacrifice des mille Spartiates, Thébains et Thespiens sont devenus légendaires et ont été repris maintes fois par la culture populaire. Cette bataille deviendra l'emblème de la résistance grecque à l'envahisseur, car grâce à cette bataille, et malgré la prise d'Athènes par les Perses, les Grecs purent faire reconnaître leur indépendance, après leurs triomphes à Salamine, le 22 septembre -480, et à Platées, en -479.

Au sommet du Kolonós, théâtre de l'ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé le mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (-556, -467), commémore cette action : « Passant, va dire à Sparte que ses fils sont morts pour obéir à ses lois ».


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Conclusion

 

 
   
 
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